J’ai besoin d’aide

Je ne vais pas bien

Intervention de crise suicidaire
819-477-8855 – 24h/7j

Il faut parler, demander de l’aide

Si vous avez des idées suicidaires, c’est probablement parce que vous ressentez une souffrance qui occupe trop de place, qui semble insurmontable. Ces idées sont un signal d’alarme que vous devez prendre au sérieux. Sachez que les idées suicidaires sont toujours réversibles, il est possible de les faire diminuer et même disparaître. Parler de vos idées suicidaires à un ami, à un membre de votre famille ou à un intervenant est un premier pas important dans la recherche d’un soutien nécessaire pour diminuer votre détresse et trouver des solutions pour aller mieux.

Le fait que vous soyez en train de lire ceci signifie qu’il y a une partie qui veut vivre à l’intérieur de vous. Vous êtes important et même si c’est difficile à croire pour l’instant, la vie vous réserve des moments heureux; c’est pourquoi il faut parler, demander de l’aide.

Pistes pour vous aider à parler de vos idées suicidaires

Vous n’avez pas besoin de savoir exactement quoi dire ou comment le dire. Le simple fait de verbaliser vos idées suicidaires et vos souffrances peut être la source d’un grand soulagement. Restez vous-même dans l’expression de vos émotions et de votre vécu; parlez dans vos mots, avec honnêteté.

N’ayez pas peur d’inquiéter vos proches en exprimant vos idées suicidaires. Ce qu’ils veulent par-dessus tout, c’est vous garder près d’eux, malgré les difficultés. La douleur engendrée par un suicide est immensément plus grande que la douleur provoquée par des disputes ou des déceptions. Le suicide ne fait pas cesser la souffrance, il la déplace et la multiplie.

Ne restez pas seul/e avec cette souffrance. Dans un moment de difficulté, on a parfois tendance à s’isoler alors qu’en s’ouvrant, on peut trouver du soutien, des solutions.

Parlez-en à une personne de confiance: quelqu’un de votre famille, un collègue d’école ou de travail, un ami, un voisin, un membre d’une organisation dont vous faites partie…

Si la personne à qui vous en avez parlé a de la difficulté à entendre et comprendre votre souffrance, parlez-en à quelqu’un d’autre; il est normal que certaines personnes n’aient pas la capacité de vous soutenir mais d’autres personnes le pourront.

Si tu as moins de 18 ans, nous t’encourageons fortement à en parler à un adulte de confiance: un parent, un professeur, un intervenant scolaire, un employeur, un coach, l’infirmière de l’école, ton médecin, etc. Tes amis peuvent t’aider et t’écouter, mais ils ne peuvent pas porter seuls cette confidence. Tu peux aller voir la section «Jeunesse» de notre site aussi, tu y trouveras de l’info intéressante pour toi.

Pourquoi en parler à un intervenant?

Une démarche pour vous aider

Il existe des intervenants spécialisés en prévention du suicide, qui peuvent vous écouter. Ces personnes travaillent entre autres dans les centres de prévention du suicide, dans les CLSC ou dans les bureaux de psychologues. Vous pouvez aussi parler à un intervenant scolaire, à un médecin, etc.

Cette démarche vous permettra de:

Vous ouvrir sur vos idées suicidaires et de votre désir d’arrêter de souffrir;

Être écouté avec ouverture et sans jugement. Un intervenant en prévention du suicide a l’habitude de parler de ce sujet;

Rester en contact avec la partie de vous qui veut vivre;

Déterminer clairement ce qui ne va pas et voir autrement la situation que vous vivez afin d’explorer ensemble des moyens qui pourraient vous aider concrètement.

Rappelez-vous…

Rappelez-vous qu’il existe de l’aide et qu’il y a certainement des façons de diminuer votre souffrance, même si vous ne savez pas comment présentement. Le suicide est un geste irréversible, alors que les problèmes sont temporaires. Avec du soutien, vous pouvez surmonter ce moment de détresse.

Ressources d’aide

Centre d’écoute et de prévention suicide Drummond

Organismes communautaires

CLSC, 811 info-social, hôpital (CIUSSS MCQ)

Ordre des psychologues du Québec (outil pour trouver un psychologue)

PAE (programme d’aide aux employés)

Cliniques médicales (médecins/travailleuses sociales)

Intervenant/es dans les écoles

Comprendre

La problématique du suicide

Bien que le suicide soit un geste individuel, il s’inscrit dans un contexte plus large d’interactions entre la personne, sa communauté immédiate et la société en général. La qualité de vie de la personne, son réseau social de même que la disponibilité des ressources lorsque celle-ci a besoin d’aide, ont une influence sur sa situation de détresse. Ce qui fait qu’une personne ne voit plus de solution à ses problèmes, ce n’est habituellement pas le problème en soi, mais bien la perception qu’elle a du problème.

Avoir des idées suicidaires peut arriver à tout le monde, mais il existe des facteurs qui peuvent ébranler une personne ou l’aider.

1. Les facteurs prédisposants

Ces facteurs sont liés à l’histoire de vie d’une personne et la rendent plus vulnérable. Exemples: abus, violence, problèmes de santé mentale, etc.

2. Les facteurs contribuants

Ceux-ci accentuent le niveau de risque à un moment précis. Exemples: abus de substances, manque de ressources, idéations suicidaires antérieures, etc.

3. Les facteurs précipitants

Il s’agit de la goutte qui fait déborder le vase. Exemples: peine d’amour, échec, rejet ou tout autre événement de vie difficile et récent.

4. Les facteurs de protection

Ces facteurs réduisent l’impact des trois autres facteurs et élargissent le champ des solutions possibles. Exemples: disponibilité de ressources dans l’entourage, présence de modèles sains, etc.

Le processus suicidaire

Avant de poser un geste suicidaire, une personne essaye tous les moyens qu’elle connaît pour diminuer sa souffrance et régler ses difficultés. Moins ses moyens fonctionnent, plus l’idée du suicide commence à prendre place.

Cette situation renvoie à l’image d’une personne qui entre dans un tunnel: plus elle avance, moins il y a de lumière. La personne n’entrevoit pas la façon d’arrêter la souffrance, qui est devenue intolérable.

Le processus suicidaire est cependant réversible, c’est-à-dire que lorsqu’une personne trouve une solution à ses problèmes, elle diminue sa souffrance. Par conséquent, ses idées suicidaires sont de moins en moins présentes. Que faire si je ne vais pas bien? La meilleure façon de s’aider à s’en sortir, c’est d’en parler.

Je veux aider un proche

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Le dialogue avec la personne vulnérable est important.

Lorsqu’une personne de notre entourage pense au suicide, on peut se sentir impuissant et démuni, s’interroger sur ce qu’il faut faire ou ne pas faire pour l’aider. Bien que le dialogue avec la personne vulnérable soit parfois difficile à amorcer, il demeure important: les proches jouent un rôle déterminant dans la prévention du suicide. D’ailleurs, chacun de nous peut devoir agir pour un ami, un parent ou un collègue.

Il y a toujours une partie de la personne suicidaire qui veut vivre, et ce, jusqu’à la dernière minute. Notre aide peut agir sur la perception que la personne a d’elle-même («je ne vaux rien»), des autres («personne ne peut m’aider») et de l’avenir («ma situation ne changera jamais»).

Vous êtes préoccupé/e par votre enfant? Consultez les ressources qui s’offrent à vous:

Voir la page Volet jeunesse
Voir le document One Pager

Reconnaître les signes

La personne parle de son intention de se tuer clairement ou avec ambiguïté, de mort, d’écoeurement et d’essoufflement:

  • «Je veux me suicider»;
  • «Je vais me tuer»;
  • «Je veux mourir»;
  • «Je ne m’en sortirai jamais»;
  • «Vous seriez bien mieux sans moi»;
  • «Bientôt, vous aurez la paix»;
  • «J’ai fait mon testament».
  • Changement radical ou progressif sur le plan des attitudes et des comportements;
  • Don d’objets significatifs;
  • Retrait et isolement;
  • Mise en ordre de ses affaires: lettres, règlement de conflits et testament;
  • Changements dans les habitudes alimentaires et de sommeil;
  • Changements au plan de l’hygiène personnelle;
  • Comportements dangereux;
  • Intérêt soudain pour les armes à feu, le suicide, les choses morbides, la réincarnation ou les cimetières.
  • Désintérêt, perte de désir;
  • Pleurs, tristesse, apathie et découragement;
  • Brusques changements d’humeur;
  • Agressivité;
  • Émotions contradictoires et changeantes : rires suivis de pleurs ou de colère;
  • Anxiété accrue;
  • Absence d’émotions.
  • Difficulté de concentration;
  • Incohérence et confusion dans le langage;
  • Absence de motivation;
  • Pertes de mémoire;
  • Indécision.

Il y a dépression si, depuis plus de deux semaines, il y a présence d’au moins cinq des symptômes suivants et qu’ils représentent un changement important par rapport au fonctionnement habituel:

  • Humeur dépressive;
  • Diminution de l’intérêt et du plaisir;
  • Perte ou gain de poids;
  • Insomnie ou hypersomnie;
  • Fatigue, perte d’énergie;
  • Agitation ou lenteur;
  • Sentiment de dévalorisation ou de culpabilité;
  • Difficulté à se concentrer ou à prendre des décisions;
  • Pensées sur la mort ou le fait de mourir.

Attention aux signes trompeurs: une soudaine amélioration de l’humeur peut non pas vouloir dire que la personne va mieux, mais plutôt qu’elle a planifié son geste et qu’elle se sent «apaisée» d’avoir pris la décision de passer à l’acte. Selon sa perception, elle va bientôt arrêter de souffrir ou de faire souffrir les autres…

Comment en parler?

Tentez d’établir un climat de confiance et choisissez un bon moment pour aborder la question.

Restez vous-même. Il n’est pas nécessaire d’être intervenant pour aborder le sujet.

Essayez de comprendre la personne en lui demandant ce qu’elle vit, en l’amenant à verbaliser ce qui ne va pas.

Écoutez-la sans jugement et avec ouverture. Prenez-la au sérieux en lui disant que vous vous inquiétez pour elle.

Posez-lui la question directement: «Penses-tu au suicide?». Cela vous aidera à avoir une idée claire de la situation et des intentions de la personne. En le demandant directement, vous ne lui suggérez pas l’idée, vous ouvrez la porte à l’expression de sa souffrance. Si elle pense au suicide, elle pourra se sentir soulagée de le confier.

Si elle vous parle de ses idées suicidaires, demandez-lui si elle a songé au moyen de s’enlever la vie et au moment où elle le ferait.

Dites-lui qu’elle a eu raison de vous faire confiance et qu’elle peut compter sur vous, que vous allez chercher avec elle une ressource qui peut l’aider.

Méfiez-vous d’un mieux-être soudain alors que rien n’a été modifié. Cela peut représenter un signe avant-coureur d’un geste suicidaire. En cas de doute, parlez-en ouvertement.

L’importance des ressources

Le suicide: un problème complexe

Le suicide est un phénomène complexe. Des personnes ont perdu un proche par suicide alors que celui-ci avait verbalisé ses intentions. D’autres ont tenté de poser la question, mais elles n’ont pas reçu de réponse claire ou n’ont pas eu l’occasion d’en parler. Parler n’est malheureusement pas une garantie que la personne ne posera pas de geste ou qu’elle ira mieux rapidement. L’entourage d’une personne suicidaire peut jouer un rôle, mais il n’est nullement responsable de son bien-être et de ses actions. Les proches font ce qu’ils peuvent avec les informations qu’ils détiennent.

Ne vous isolez pas

Il existe des services pour faciliter le dialogue et comprendre la situation. Les intervenants des centres de prévention du suicide, par exemple, offrent du soutien à l’entourage des personnes vulnérables au suicide. Vous n’avez pas à considérer ce que la personne vous a confié comme un secret. Ne pas en parler risque de limiter les interventions possibles.

Respectez vos limites

Rappelez-vous que vous n’êtes pas responsable des actes de la personne suicidaire ou de son mieux-être.

Montrez votre soutien

Encouragez la personne à aller chercher de l’aide auprès de ressources spécialisées (centre de prévention du suicide, CIUSSS, médecin, psychologue, intervenants scolaires, programme d’aide aux employés de son milieu de travail, etc.) et accompagnez-la au besoin.

Services externes

Remettez-lui les coordonnées du Centre d’écoute et de prévention suicide Drummond, accessible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 (819-477-8855). Au besoin, soyez présent lors de l’appel téléphonique ou faites vous-même l’appel en sa présence. Il est souvent difficile pour une personne suicidaire d’aller chercher de l’aide; elle peut avoir besoin de soutien.

Que faut-il éviter?
  • Ne moralisez pas la personne vulnérable au suicide ou ne lui donnez pas vos recettes de bonheur. Chacun a sa propre conception du bonheur selon son vécu, sa personnalité. Ne lui dites pas de ne plus penser à la mort.
  • Évitez de minimiser la gravité de ses problèmes ou de la provoquer. Aidez la personne à chercher des solutions, mais évitez de tout faire à sa place.
  • Ne gardez pas le secret. Si la personne vous demande de ne pas en parler à d’autres, il est possible de promettre la discrétion tout en cherchant les personnes ou les intervenants à qui parler de la situation.

Important

Si vous éprouvez toujours de l’inquiétude, communiquez avec nous au 819-477-8855 ou avec toute autre ressource disponible pour évaluer l’urgence de la situation, élaborer un plan d’action et recevoir du soutien.

Méfiez-vous du mieux-être soudain alors que rien n’a été modifié. Cela peut représenter un signe avant-coureur d’un geste suicidaire. En cas de doute, parlez-en ouvertement avec la personne et appelez-nous.

Réseaux sociaux et plateformes de jeu en ligne

Vous êtes témoin d’un message inquiétant?

Soyez proactif et référez la personne vers les ressources d’aide le plus rapidement possible. Ces gestes peuvent faire une différence pour protéger les personnes vulnérables en ligne.

  • Soyez empathique et privilégiez des formules qui désamorcent la colère de la personne et favorisent le dialogue (ex.: «j’entends votre souffrance» plutôt que «je vous comprends»).
  • Prenez conscience de son état émotionnel et faites preuve de compréhension: laissez-la ressentir ses émotions et les exprimer.
  • Évitez de la contredire ou de chercher à corriger sa vision des faits.
  • Entendez sa colère, nommez-la, sans pour autant prendre position; essayez de rester neutre et de manifester de la bienveillance, dans une posture de non-jugement.
  • En cas de rupture ou de deuil, ne minimisez pas la perte qu’elle a vécue; évitez les formulations telles que «bientôt ça va aller mieux» ou «au moins il (elle) ne souffre plus».
  • IMPORTANT: Tournez-vous rapidement vers un intervenant si la personne vous dit avoir des idées suicidaires.